tram Pau Lembeye
Dernière modification: 26/11/2016

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###############  Le petit train   ###################

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Récit de Madame Poublan de Garlin.

Quand j'étais petite fille, il m'est arrivé de prendre le tram. C'était une grande joie, parce qu’à l'époque, cela n'était pas comme maintenant on allait rarement à Pau et à Aire. Il n'était pas facile de se déplacer, il y avait très peu de voitures, il y avait des chevaux. On allait à pied ; donc le tram c'était merveilleux. II a rendu beaucoup de services. Il n'allait pas vite ( 15 km à l'heure environ).

On avait le temps d'admirer le paysage, de « faire des histoires » On s’y trouvait bien. Les sièges étaient faits avec de larges lattes en bois, deux personnes sur chaque siège, à droite et à gauche et le passage au milieu. En suivant à l'extérieur, il y avait une plate forme avec une balustrade de chaque côté. On pouvait y marcher, rester debout, y mettre des paquets. Le chauffeur conduisait la locomotive. À plusieurs reprises, pour annoncer l'arrivée du tram, il actionnait le puissant sifflet. Le mécanicien alimentait le feu avec du charbon qu'il lançait à l'aide d'une grande pelle ; il y avait de la fumée. Quelquefois l'été, des étincelles tombaient sur l'herbe sèche qui prenait feu.

Le tram devait marcher avec la vapeur. Il se composait de la locomotive, des wagons de voyageurs et de marchandises. Les agriculteurs allaient vendre leurs produits volailles, oeufs, fromages, fruits, légumes, foies, dans de grands paniers en osier. Les personnes qui avaient besoin de se déplacer appréciaient ce moyen de locomotion. Les trains de marchandises transportaient des matériaux de construction, de la paille, du charbon, du bois, du vin. Pour les animaux, c'était un grand wagon, haut et fermé : ainsi, les agriculteurs pouvaient amener leurs bêtes à Pau, mais surtout, à la foire de Barcelonne du Gers qui était très renommée. Avant d'arriver à la foire , il y a un grand bois : « Le bois de Cazaumont ». On racontait à l'époque que les paysans qui rentraient chez eux, à pied , en venant de vendre leurs vaches se faisaient attaquer par des voyous qui leur volaient leur argent et ensuite les jetaient dans l'Adour. Ceci est peut-être une légende qui explique pourquoi les paysans rentraient du marché ensemble, pour se sentir en sécurité, ou bien, tout simplement, ils prenaient le tram.

La voie ferrée était faite de traverses posées sur le ballast ( cailloux cassés ) et fixées aux rails avec de gros boulons. On voyait sur les accotements des bornes rectangulaires taillées dans de la pierre (il en reste encore sur l'ancienne voie.) Il y avait des ponts, des « tunnels », tout était entretenu par des cantonniers. Le long du trajet, on avait placé des piquets dans certains endroits où le tram avait obligation de s'arrêter pour faire monter ou descendre les voyageurs. Les billets s'achetaient à la gare, mais il y avait un contrôleur qui donnait des billets aux personnes qui montaient « en route ». Le contrôleur était mon voisin. Nous habitions au fond de la côte. Pour se rendre au travail, il sautait dans le train en marche, ça lui était facile, car, dès que le tram devait monter une côte, il bougeait à peine.

À Garlin un couple habitait et travaillait à la gare. Le tram stationnait assez longtemps. Le chauffeur faisait beaucoup de manœuvres, prenait un wagon, en laissait un autre. Il y avait un puits très abondant avec une énorme roue au-dessus et une grande réserve d'eau dans un bac : c'est là que le mécanicien prenait l'eau pour la machine. Il y avait aussi un quai pour charger et décharger les animaux et certaines marchandises encombrantes. Les voyageurs prenaient leurs billets au guichet, s'installaient tranquillement en bavardant. Pendant ce temps, l’employé s’occupait des colis qu’il fallait expédier, et rangeait dedans ceux qui arrivaient, en attendant que les clients viennent les chercher. Il y avait un wagonnet dans lequel les cantonniers se portaient pour faire l’entretien des voies ( ranger les cailloux, changer les traverses, les boulons )

Pas loin de chez moi, il y avait un joli pont. J’y allais avec mon amie voir des stalagmites.

On écoutait le tram partir de la gare. On mettait une oreille par terre. Les jeunes étaient contents de prendre le tram en groupe, le dimanche, de Garlin à Moncla et de revenir a pied. Il n’y avait pas de distractions ils riaient et chantaient ensemble.

Je me souviens d’un accident : un jeune garçon qui gardait les vaches s’était endormi sur les rails. Malheureusement, le chauffeur l'a vu trop tard.

Quand c’était l'heure du passage du tram, on surveillait les animaux pour qu’ils n’aillent pas sur la voie.

Je me souviens vaguement qu'avant d’arriver à Pau, à un arrêt du tram les gens qui allaient vendre certaines marchandises devaient payer l’octroi.

Le tram a rendu beaucoup de services, car à la campagne, il n'y avait rien pour les voyageurs ni pour le commerce. Pouvoir vendre ses produits et faire venir ce que l’on achetait, cela était formidable.

Cela donnait mal au coeur quand on voyait démonter les rails, et ensuite, il nous a manqué, le petit tram.

 

(Au sujet des bandits du bois de Cazaumont)

NI.Labrouche (d'Aire) a pris le train pendant son enfance dans le Tursan, sur la ligne qui passait à Samadet et Hagetmau.

Son père aurait pu être une des dernières victimes des brigands du bois de Cazaumont. (des voyous de Borcelonne d'après lui).

Entre les deux guerres, il transportait du fumier provenant d'écuries aturines pour son champ de Lannux. En traversant le fameux bois, une religieuse à pied lui fit signe de s’arrêter. Il eut pitié d'elle et la fit monter à côté de lui. Au début, il ne se méfiait pas du tout d’une bonne sœur, mais elle n'était pas très bavarde et cachait son visage avec sa grande cornette.

Quand il a remarqué qu' « elle » avait de grandes mains poilues, il n'était plus du tout tranquille !

Il a été content quand elle a poursuivi son chemin à pied après Lannux... Il était sûr que c'était un bandit déguisé…

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Dossier sur "le petit train" réalisé par Alain Cassagnau et ses élèves de l'école primaire de Sévignacq.

 

 

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