les cagots
Dernière modification: 26/11/2016

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Les cagots

Exemplaire contemporain
d'un bénitier de Cagots
en l'église de Saint Savin

Les cagots font partie d'une peuplade pyrénéenne d'origine inconnue, rejetée par la population, à l’instar de la caste des intouchables indiens. On les trouve des deux côtés des Pyrénées et dans le sud de la Gascogne, désignés sous diverses appellations : agots en Espagne, agotaks, kaskarots au Pays basque, capots, gahets en Gascogne ... etc (kakou en celte)...Ils étaient particulièrement nombreux en Béarn , répartis un peu partout, mais avec des concentrations plus fortes dans tout le Piémont, en vallée d'Aspe et le long du gave d'Oloron.
           Leur provenance est mystérieuse, mais dans la plupart des hypothèses, ils correspondraient à une peuplade vaincue, de religion différente , donc hérétiques (barbares venus de l'est, wisigoths, arabes, ariens, cathares...). Ils apparaissent au X°s sous l’appellation de chrestiaas, ce qui laisse supposer qu’ils s’étaient convertis au catholicisme et faisaient même preuve de zèle dans le domaine de la pratique religieuse, d’où leurs surnoms qui laissaient entendre qu’ils étaient hypocrites. C'est sous cette dénomination qu'ils sont enregistrés dans le recensement de 1385 initié par Gaston Fébus.

 

les lépreux signalent leur présence par une crécelle;
les cagots portent une patte de canard cousue sur leur habit...

Repoussés à l’extérieur des villages, en lisière de forêts, ils furent assimilés à des lépreux qui devaient les côtoyer, ainsi que tous les parias successifs . Selon une croyance tenace , on pouvait les reconnaître à certains traits physiques, comme leurs pieds palmés ou l’absence de lobes à leurs oreilles. Ils ne devaient pas se déplacer les pieds nus de peur qu'ils ne transmettent de maladie, ni laisser pousser de trop leurs cheveux.
          On leur prêtait des pouvoirs paranormaux, contradictoirement, aussi bien négatifs que positifs (guérisseurs)...C'est ainsi qu'on disait que parfois, les fruits pouvaient se dessécher en un instant à leur seul contact. L’irrationnel ayant ses raisons que la raison ignore, ils faisaient parfois office de médecin et de sage-femme (sic!). Toute fonction publique leur était par contre interdite, ainsi que toute possession foncière.

 

Les cagots étaient souvent tonneliers ou charpentiers

Ils avaient bien entendu leur propre fontaine dont le nom s'est perpétué dans quantité d'endroits en Béarn. (la houn dous cagots.., la hounda de la cagote...) Ils se spécialisèrent dans le domaine du bois, du fait de leurs hébergements situés en bordures de forêts et surtout du fait que le bois était censé ne pas communiquer de maladie (peste, lèpre..). Ainsi leur tendait-on les marchandises, ainsi que les hosties à l’église, au bout d’une longue palette de bois. Ils acquirent d’ailleurs une telle maîtrise en ébénisterie, confection de tonneaux et charpente, qu'ils finirent par devenir incontournables en Béarn, pour tout ce qui concernait les ouvrages en bois.
          Autre signe d'ostracisme, ils avaient leur petite entrée latérale particulière dans les églises, leurs places dans un renfoncement obscur , leur propre bénitier... et leur cimetière particulier (qu'ils partageront plus tard avec les huguenots) . On les obligeait à se signaler quand ils arrivaient dans le village, par des bruits de crécelles, et à porter un signe dénonçant leur état: une patte d’oie rouge. Leur rejet dura plusieurs siècles et malgré la publication d'édits en leur faveur, il fallut attendre la Révolution pour enregistrer une rupture définitive avec cet honteux passé. Pourtant, au début du siècle dernier , les gens savaient encore qui en était...

(extrait de Lo Noste Béarn d' Hubert Dutech)

Les cagots vivaient hors des murs de la cité, à l'orée des bois.


La patte de canard cousue sur le vêtement.

L'accès des églises ne leur était pas interdit, mais ils y occupaient une place à part, séparés par une barrière du reste des fidèles; un bénitier particulier leur était affecté, et le pain bénit leur était jeté et non pas offert dans la corbeille. Quelquefois même ils étaient exclus de la sainte table, les prêtres refusant de les entendre en confession et de leur administrer les sacrements : enfin on les ensevelissait à part dans un coin du cimetière commun. En Béarn, les cagots portaient anciennement le nom de chrestiàas; ils n'étaient ni au-dessus, ni au-dessous des serfs, mais en dehors de toute hiérarchie sociale. Ils pouvaient être serfs, mais la servitude n'était pas la condition obligée de tous ceux de cette caste. 
(Léon Cadier)


Origine des Cagots.

Les explications les plus diverses ont été données quand à l'origine des Cagots. Il est d'ailleurs vraisemblable qu'au cours des siècles des populations d'origines diverses se soient mélangées. Leurs origines sont probablement aussi diverses que la multitude de noms dont on les
affublait, et qui ont chacun une explication.

Le terme de Cagots tire ses origines d' un mot béarnais signifiant lépreux, et qui apparaît dans les textes vers l'an 1300. La lèpre désigne au Moyen-Âge différentes maladies; la lèpre rouge est presque toujours mortelle; la lèpre blanche ou lèpre tuberculeuse présente des signes semblables, mais peut se stabiliser. Mais tous ces malades inspirent la peur de la contagion et sont isolés hors des villages.

L'éloignement des Lépreux hors du camp date de l'ancien testament, voir cet extrait du Lévitique, mais au moins après guérison et rite de
purification long et complexe, la réintégration dans la cité est prévue.

Certains auteurs ont évoqué aussi d'autres origines pour les cagots, des apports étrangers à une population locale isolée à l'origine pour cause de maladies: Lors de la Reconquista de l'Espagne par les catholiques certains musulmans furent convertis de force et trouvèrent refuge dans les hautes vallées des Pyrénées. De même les Cathares, persécutés et, pourquoi pas, certaines communautés juives pourraient avoir grossi le flot des parias.

Dans l'église de Sévignacq, on peut voir :       

                                     

...le bénitier daté de 1648, destiné aux "cagots", et la porte par laquelle les cagots entraient dans l'église.

Cette petite fontaine à l'entrée nord de Morlaàs appelée de nos jours "fontaine du paradis", est l'ancienne fontaine des cagots.


Le rôle de l'autorité publique.

Ce n'est jamais, semble-t-il, au niveau le plus bas, celui de la jurade ou de la seigneurie locale, que l'autorité publique prend la défense des Cagots et s'efforce de modifier leur statut. Ce sont les instances supérieures, comtales, parlementaires, royales, qui interviennent ou légifèrent en leur faveur.

La première intervention correspond à un texte jusqu'ici inconnu des historiens des Cagots. Nous le publions in extenso dans la partie documentaire, en fin d'ouvrage. L'original est en dialecte gascon, nous donnons ici la traduction de toute la partie utile.

En 1425, dans son château de L'Isle-Jourdain, le comte Jean IV d'Armagnac reçoit une « plainte et supplique » des Crestias de sa ville de Lectoure, et il écrit au juge de Lomagne, maître Odet de Bartère: ... Ces Crestias sont tous les jours inquiétés et molestés par nos bailes de Lectoure, bien qu'ils n'aient commis aucun crime ou délit justifiant ces vexations, mais pour leur extorquer une certaine somme... Quant à nous, informés de ce que cesdits Crestias sont bien utiles et conviennent à notre cité de Lectoure, nous voulons et désirons que nos sujets et vassaux soient préservés et gardés de pareilles oppressions et extorsions. Pour cela nous voulons et vous mandons et commandons expressément... que, de par nous, vous interdisiez et défendiez auxdits bailes, sous grandes peines par nous appliquées, que d'ores et déjà, ils ne molestent et n'inquiètent plus lesdits Crestias, à moins qu'ils n'aient à leur encontre quelque information qui soit par vous décrétée... »

Cette lettre d'une grande fermeté n'est peut-être pas dictée par des motivations humanitaires qui puissent faire évoluer le statut des Crestias lectourois, mais elle est inspirée en tout cas par un net souci de justice et d'équité. Notons que cette supplique des Crestias lectourois est la première en date (1425), bien avant que les Agots de Navarre fassent appel au pape (1514), puis au parlement de Pampelune (1515). Ici les pétitionnaires sont au nombre de plus de deux cents, issus de soixante-cinq villages des diocèses de Pampelune, Huesca, Jaca, Bayonne et Dax. Le pape Léon X, puis le parlement de Pampelune font droit à leur requête, ainsi que le roi Charles Quint en 1524 et 1548. Mais la condition des Agots au niveau local reste inchangée, en raison de l'hostilité de la population...

En France, il faut attendre 1683 pour que le pouvoir royal prenne conscience du phénomène cagot, pour des raisons purement financières. Le Roi Louis XIV par ses guerres et sa politique de prestige a accumulé les dettes et Colbert cherche des expédients pour se procurer de l'argent, lorsque l'occasion leur en est fournie par l'intendant de Béarn, du Bois de Baillet. Celui-ci fait la proposition d'affranchir complètement les Cagots, contre une redevance financière de deux louis par Cagot, la somme globale pouvant être évaluée à 45000 livres. Du Bois du Baillet propose en outre un projet de Lettres patentes ainsi libellé que le pouvoir royal est invité à proclamer :

« Louis, par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre...

« La liberté ayant toujours été l'apanage de ce royaume et un des principaux avantages de nos sujets, l'esclavage et tout ce qui pourrait en donner des marques en ayant été banni, nous avons appris avec peine qu'il en reste encore quelques marques dans notre royaume de Navarre et dans les provinces qui étoient autrefois connues sous le nom de Novempopulanie qui sont celles qui dépendent des diocèses d'Auch, Bayonne, Dax, Lescar, Oloron, Aire et Tarbes, dans lesquels il y a une certaine classe de gens qui y sont considérés en quelque manière comme des esclaves, estant assujétis à certains services, attachés à suivre une même profession, séparés du commerce des autres hommes, lesquels gens sont connus dans ces régions sous les noms de Christians, Agots, Cagots et Capots; sans que l'on puisse précisément savoir la raison de cette distinction, contre laquelle, comme contraire aux lois générales du royaume, ils ont toujours réclamé et même obtenu des lettres patentes de notre très honoré seigneur et père Louis XIII. Désirant traiter lesdits Cagots avec bonté, effacer toutes les marques de l'esclavage qui peuvent encore rester sur les terres de notre obéissance, entretenir l'égalité entre nos sujets et lever toutes les distinctions qui, n'estant establies que sur une erreur populaire, ne servent qu'à troubler la concorde entre nos sujets: à ces causes, nous avons éteint et supprimé toutes les distinctions qui pourraient estre entre lesdits Christians, Cagots, et nos autres sujets, pour qu'ils jouissent à l'advenir des mêmes privilèges et adventages; et à cet effet, abolissons lesdits noms de Christians, Cagots, Agots et Capots; faisons deffence à peine de 500 livres d'amende, d'appeler ainsi par injure nosdits sujets affranchis par lesdites lettres. Voulons qu'ils soient admis aux ordres sacrés et reçus dans les monastères, qu'ils soient placés dans les paroisses de leur demeure indifféremment avec les autres habitants, qu'ils puissent aller à l'offrande, prendre et rendre le pain bénit, chacun à leur tour et que les séparations qui sont dans les églises des places qu'ils occupent seront abattues et les portes de leur entrée bouchée.

 « Prions et ordonnons aux évêques des diocèses ci-dessus marqués de tenir la main à l'exécution des deux précédents articles.

« Permettons à nos sujets affranchis de choisir leurs habitations où bon leur semblera, même dans les villes;

« Voulons qu'ils puissent être choisis pour toutes les charges des communautés dont ils font partie;

« Levons les défenses qui leur sont faites, tant par coutumes des lieux que par les arrêts de nos parlements, de contracter mariage avec nos autres sujets;

« Laissons liberté de choisir telle profession qu'il leur plaira, lesquels mestiers ils pourront exercer et y être reçus maîtres, suivant l'usage des lieux, sans aucune distinction d'avec nos autres sujets;

Permettons porter pour la défense de leur vie les armes permises par nos ordonnances;

« De tous lesquels privilèges, franchises et immunités voulons et nous plait que lesdits particuliers jouissent, en payant néanmoins les sommes auxquelles ils sont modérément taxés en notre Conseil.

« À nos aimés et féaux Conseillers, les gens tenant les cours de parlement de Toulouse, Guienne et Pau »127

Ce projet de Lettres patentes royales est on ne peut plus clair et parfait dans ses considérations, mais on pense qu'elles ne furent jamais enregistrées par les parlements qui n'y font jamais allusion par la suite. Ce qui est certain en revanche, c'est qu'à partir de cette date, 1683, les arrêts des parlements sont toujours en harmonie avec ce texte et toujours favorables aux Cagots. Cependant, dans leur application ces arrêts se heurtent toujours à l'hostilité des habitants et même des institutions.

Ainsi en 1681, le parlement de Navarre autorise le mariage entre Cagots et non Cagots; en 1690, le même parlement donne aux Cagots la possibilité d'accéder aux charges publiques. Toutes libéralités qui sont immédiatement combattues et contredites par les Etats de Navarre.

Cependant peu à peu des mesures humanitaires s'appliquent aussi aux Cagots comme le prouve l'anecdote suivante: en 1623, le Gézite Dominique Boheing est emprisonné pour dettes dans les prisons royales de Tartas. Pour la Noël, son geôlier le libère pendant quinze jours pour qu'il puisse « aller se réchauffer et se réjouir en sa maison... »

D’après Gilbert Loubès : « l’énigme des cagots » (éditions Sud Ouest)

 
La porte des cagots de l'église de Lembeye.


De l'interdiction faite aux cagots de marcher pieds nus...

En 1460, les états de Béarn demandent à Gaston de Béarn, Prince de Navarre, "Qu'il leur fust (aux cagots) défendu de marcher pieds nus par les rues, de peur de l'infection et qu'il leur fust permis, en cas de contrevention, de leur percer les pieds avec un fer rougi au feu ; et, de plus, pour les distinguer des autres hommes, il leur fust enjoint de porter sur leurs habits, l'ancienne marque de pied d'oye". 


Extrait des fors de Béarn.

ART 4   Les cagots ne doivent pas se mêler avec les autres hommes pour des relations familières. Il doivent dorénavant habiter séparés des autres habitants et ils ne se mettront pas devant les hommes et les femmes à l'Église, ni aux processions, sous peine d'une amende majeure chaque fois qu'ils contreviendront. 
ART 5   Et il est interdit à tous les cagots de porter d'autres armes que celles dont ils ont besoin pour leurs métiers, sous peine d'amendes majeures pour chaque arme toutes les fois qu'ils contreviendront. 
Et les jurats auront la faculté de se saisir de leurs armes, lesquelles iront au profit du seigneur du lieu et de la communauté, par parts égales. 
ART 6  
Les lépreux ne peuvent s'établir davantage ni en d'autres lieux que dans les maisons qui leurs sont affectées pour leur domicile. Et dans chacune des léproseries ne doit demeurer qu'un seul lépreux avec sa famille. Mais ceux qui passent et repassent pourront s'y retirer et y rester pour deux jours seulement.

[ Les articles 4 et 5 sur les cagots étaient nettement distincts de l'article 6 consacré aux lépreux; fort sagement, le For distinguait entre ces deux catégories et ne prenait pas parti sur leurs origines. En dépit de la volonté royale de faire cesser la discrimination, le For continua à justifier les préjugés raciaux de la population. Les règlements allaient d'ailleurs dans le même sens du mépris des ordonnances royales. Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, les cagots furent eux-mêmes les victimes résignées de la tradition. Mais en 1722 ceux de Nay, Pau, Igon et Bruges s'adressèrent au Parlement « pour faire deffence à tous les habitants du ressort de méfaire aucune différence injurieuse par rapport aux prétendus vices de naissance, de ladrerie ou cagoterie comme étant opinion superstitieuse dangereuse dans ses effets »... Par la suite, le Parlement trancha toujours en faveur des cagots lorsque leur était imputée leur soi-disant cagoterie ]

D'après Christian Desplat

Pour en savoir plus sur LES FORS DE BÉARN.


Les cagots dans notre région.

Pendant des siècles, réfugiés dans les montagnes Pyrénéennes, les cagots ont vécu comme des parias. Ils étaient un peuple maudit, que l'on accusait de tous les maux et entre autre de porter la peste. Quand on naissait cagot, on le restait à vie. Vivant comme des parias, les cagots ont supporté pendant des siècles le mépris des villageois. Il leur était interdit de vivre dans les mêmes quartiers que les villageois, de posséder du bétail, de marcher pieds nus, de toucher la nourriture. A l'église, ils ne pouvaient pas entrer par la même porte que les villageois, (on leur avait donc percé une porte spécialement pour eux) et ils possédaient leur propre bénitier. Le prêtre qui a une bien étrange conception de la charité chrétienne, leur tend l'hostie au bout d'un bâton. Comme métiers, les cagots faisaient toutes les tâches dégradantes ou pénibles que ne voulait pas faire la population dominante. Ils exerçaient des métiers liés à la nature, travaillaient le bois, le marbre, la pierre, l'eau. Ils étaient réputés très bons charpentiers, tonneliers, charrons…Ils s'appelaient cagots en Béarn et dans les Hautes-Pyrénées, capots en Ariège, agotas, gahetz, ladres, gafets, gaouès… ailleurs. Leur malédiction ? Appartenir à une race qui les excluait dès la naissance de la société. Plus considérés comme des bêtes que comme des hommes, ces cagots vivaient à l'écart, retranchés dans leur cagoterie. Et cela jusqu'au début du XXe siècle. Où les trouvait-on? Dans le Béarn et le Pays basque, dans les vallées des Nestes, des Gaves des Hautes-Pyrénées, dans l'Ariège et le Luchonais,…
(Lire le roman de Jean-Jacques Rouch : «Jean Le Cagot. Maudit en terre d'Oc»).
«D'ailleurs, Gaston Foebus ne fait réparer ses châteaux que par des cagots».
A cette époque, les cagots fascinaient autant qu'ils effrayaient à cause de nombreuses croyances divines et occultes. Parmi les cagots, on recrutait beaucoup de guérisseurs à qui l'on attribue le pouvoir du feu et de l'eau. .
Bien qu'en 1683, Louis XIV décide de les affranchir de leur condition de cagots, en leur accordant les mêmes droits qu'au reste de la population, la ségrégation est restée de mise.
Aujourd'hui, encore le tabou demeure aussi pour ceux qui en descendent et qui en ont la mémoire. Comme une indicible douleur. Dans notre village, on appelait, par mépris, les habitants de Lube "les cagots de Lube"
Voici une loi qui concernait les cagots au XVI° siècle.
«Je te défens enter ès église, marché, moulin et lieux ès quels y a affluence de peuple.
Et te défens entrer ès tavernes et maison hors celles en laquelle est ton habitation.
Je te défens toucher compagnie d'aultre femme que celle que tu as espousée.
Je te défens toucher aucunement enfant et ne leur donner ce que tu auras touché.
Je te défens manger et boyre en autre compagnie que lépreux et sache que tu quand tu mourras tu sera enseveli en ta maison si ce n'est de grâce qui te sera faite par le prélat ou ses vicaires»

Cardinal de Pellevé, Rituel de Sens 1550.

[Malheureusement, on a retrouvé la même ségrégation dans une période plus récente de notre histoire à propos d'une autre catégorie de personnes stigmatisées aussi cruellement! ]

 

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