Dernière modification:  24/08/2014

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Historique _ Historique par Anglade _ église _ les photos d'avant _ Lembeye _ le Tramway _ les CAGOTS _ historique complet _ le blason_ les voitures anciennes d'Escurès commerçants en 1745 _ deux arrêts de mort _ conseil municipal 1791 _
 


Le canton de Lembeye en juillet 44


GEORGES PELANNE, À LEMBEYE

J'ai vingt ans quand se déroulent les événements de juillet 1944 dans la région. Aux alentours de Lembeye, se trouvent trois ou quatre groupes de résistants qui s'ignorent totalement entre eux. Et que ce soient les uns ou les autres, ils ne prennent aucune mesure de sécurité. C'est en partie des jeunes qui vont même dans les bals clandestins avec les armes. Mais le plus dangereux pour eux, c'est qu'ils racontent tout à n'importe qui, sans penser que parmi la foule peuvent se cacher des collabos. Un jour même, alors que passe un avion à croix gammée, ils sortent de leur abri pour le menacer de leurs armes, sans penser un instant qu'ils peuvent être repérés. Parfois, ils viennent se ravitailler à la maison.

Occupation de Lembeye

La France du Sud est occupée dans le courant de l'année 1942. Au début de 1943, une formation allemande composée de 800 hommes s'installe à Lembeye. Les bâtiments de la halle sont pris comme dépôt. Il y a des canons entreposés sur la place de l'église. Le marché a cours à l'extérieur de la halle. Les allemands n'empêcheront jamais son déroulement. Cette formation allemande vient de Russie. Elle porte le nom de division Herman-Goering. La discipline est d'une rigueur extrême.

Les Alsaciens à la maison

Des Alsaciens vivent à la maison depuis la débâcle de 1940. Avec eux, j'apprends un peu à parler allemand. Un jour, cela me servira et peut-être, et contribuera à éviter des représailles. En effet, un jour, un groupe de soldats arrive à la maison. Il fait très chaud. Sur la table, trône une bouteille de vin. Ils me demandent à boire. Alors, que faire ? Ils prennent la bouteille et je les laisse faire. Là, je leur adresse la parole en allemand. Ils sont étonnés et cela détend un peu l'atmosphère. L'un d'eux, qui parle un peu français, me raconte son épopée alors qu'il se trouvait près de Moscou, plus précisément à Kalinin. Il me fait comprendre qu'il est très croyant. Là-bas, dans la neige et le froid, un jour deux Russes sont faits prisonniers. Alors qu'ils sont conduits au quartier général, le chef donne l'ordre de les conduire en arrière des lignes. En cours de route, les Russes déclenchent une terrible canonnade. Pris de peur, un des gardes abat les deux prisonniers d'une rafale dans le dos. Mais le lendemain, ce soldat sera tué au combat. L'homme me dit : « Le Bon Dieu a vu ce qu'il a fait et l'a puni ». Ces Allemands quitteront les lieux à la fin de 1943. Par la suite, ce sont des petits groupes qui viendront à Lembeye.

6 juin 1944

En 1944, je suis recensé pour aller au S.T.O. Je dois passer la visite à Pau, mais ce jour-là a lieu le débarquement. Et avec ces événements, je ne partirai pas. À partir de cette date, l'Occupant devient inquiet, la Résistance se montre de plus en plus. Ici, à Lembeye, les Allemands prennent des otages et plusieurs maisons sont fouillées. Chez nous, ils ne viennent pas. Moi, j'ai caché les fusils qui, jusqu'à ce jour-là, se trouvaient dans la maison.

Incidents de parcours

Un jour, je vais à Corbères, le village d'à côté, dans une maison occupée par les résistants. Là, sur la table, se trouvent un tas de grenades et d'autres armes, tout bien en évidence. Heureusement que les résistants auront le temps de tout cacher car le lendemain les Allemands sont sur place. Ils ne trouvent rien, mais laissent des tracts portant l'inscription suivante ; « Toi aussi tu peux rentrer chez toi ». J'en ramasse quelques-uns. Ces papiers sont faits à l'intention des résistants pour les inciter à déserter. Très peu y répondront. Dans la côte de Moncaup, un jour, trois voisins qui charrient du bois sont arrêtés par quatre hommes en armes. « Vos papiers ! » Les autres répondent : « Nous les avons à la maison du fait que nous travaillons dans le bois ». Les hommes n'insistent pas, remontent dans la voiture et disparaissent. À Lembeye, les gendarmes circulent à vélo et ont mauvaise réputation. Ils sont peu soucieux du bien-être des habitants. Il arrive parfois que des personnes soient interpellées pour des broutilles ; même si ça n'a aucune importance, on les conduit à Pau... Il faut avoir vécu ce temps-là pour les comprendre.

 

Vivre et survivre dans la France occupée

Dès l'invasion allemande, la France du Nord connaît les dures réalités des privations. À partir de 1942, après l'invasion du Sud, c'est tout le pays qui est plongé dans la famine. Surtout après le sinistre discours de Goering qui demande à ses subordonnés le pillage systématique du pays. La lutte qui va suivre sera celle de la survie. Tous les bras et les bonnes volontés seront mobilisés, la devise générale sera : « Si tu veux manger, va travailler pour gagner ta soupe ».

À partir de douze ans, les enfants commencent à effectuer de menus travaux. L'une des occupations les plus courantes, en été, consiste à ramasser les doryphores dans les champs de pommes de terre. Les années de sécheresse profitent à ces bestioles qui pullulent dans les campagnes. Ce n'est pas un travail qui demande un grand effort physique, cependant il fatigue : il fait chaud et surtout, à force d'être baissé, le mal au dos devient la pire des calamités. On est muni d'une boîte de conserve vide pour y placer les indésirables insectes et larves. Puis, on doit ramener ça à l'école, l'instituteur se porte garant de notre travail. Parfois, certains propriétaires sont gentils, nous offrent à boire et nous donnent une petite compensation, d'autres oublient simplement toute manifestation de sympathie et se contentent d'un simple merci.

Les topinambours

La pomme de terre fait défaut car l'occupant prélève presque toute la récolte. Évidemment, les jardins ne fleurissent qu'à condition d'avoir des graines pour semer. Et à l'époque, on ne trouve pas de graines à vendre, chacun garde les siennes d'une année sur l'autre. Aussi celui qui veut cultiver un coin de jardin, bien souvent, est démuni du principal élément, la semence.

C'est alors que l'on voit apparaître les premiers topinambours. D'après la propagande, c'est une plante miracle qui doit sortir le peuple de la faim. Cette plante pousse sur n'importe quel terrain et elle ne craint pas les doryphores. Pourtant, sa consommation à la place des pommes de terre ne convaincra personne. Très vite, elle est remplacée par le rutabaga qui est encore moins apprécié. Les deux disparaîtront avec l'armistice du 8 mai 1945.

Liberté surveillée

Les bals sont interdits depuis longtemps, mais une recrudescence de ces derniers est signalée en 1942. Aussi, une note de service paraît-elle dans Le Journal en 1943. Les bals clandestins battent leur plein dans toutes les régions et les municipalités, bien souvent, n'y voient que du bleu. Pour mettre un terme à ces abus, les gendarmes sont appelés à verbaliser les communes. Pour lutter contre ces bals clandestins, il suffit d'alerter la gendarmerie la plus proche, même après la fête.

 d'après "les cahiers du Vic-Bilh" Maxime Malompré - Carole Nicolas.

 

QUELQUES INDICATIONS SUR LE RATIONNEMENT ET LES PRIX

Le rationnement. Quelle est votre catégorie ?

Depuis avril 1941, la catégorie A (adultes de 22 à 70 ans non travailleurs de force et non cultivateurs) peut bénéficier des rations suivantes :

— par jour : 240 grammes de pain.

—par semaine : 250 grammes de viande, 75 grammes de fromage.

—par mois : 3 litres de vin, 550 grammes de matières grasses, 500 grammes de sucre, 200 grammes de riz, 250 grammes de pâtes.

Les autres catégories sont ainsi classées : E (moins de 3 ans) ; J1 (de 3 à 6 ans) ; J2 (de 6 à 13 ans) ; J3 (de 13 à 21 ans) ; T (travailleurs de force de 21 à 70 ans) ; C (cultivateurs de 21 à 70 ans) ; V (plus de 70 ans).

Il est conseillé de se renseigner dans les mairies pour connaître les suppléments de rations éventuels obtenus par certaines catégories. Par exemple : lait pour E, J1, J2, J3 et V, ou vin pour travailleurs de force.

Extrait de Les années 40

Editmar-Ouest Plus, Rennes

Quelques prix

—En 1941, à Bordeaux, une oie : 1 800 F.

Le beurre au marché noir : en 1942, 250 F ; en 1943, 350 F ; en 1944, 600 F.

Les pommes de terre : en 1942, 10 F le kg ; en 1943, 18 à 30 F le kg ; en 1944, 50 à 60 F le kg.

La viande : en 1943, la ration par jour et par personne est de 60 grammes. — Les cigarettes

Gauloises : au marché normal, 7,50 F ; au marché noir, 50 F.

Le retour à la terre

À Lyon, en 1939, on trouve quelques 980 jardins. En 1943, on en trouve 22 104.

Achats au jour le jour, pendant une semaine, pour une famille de 7 personnes, en janvier 1942.

—lundi 5 : 1,5 l de lait — 1/4 de beurre — fromage sans tickets.

—mardi 6 : rutabagas — fromage sans tickets — 100 g de beurre — 1,5 l de lait.

— mercredi 7 : charcuterie sans tickets — tomates concentrées — 1/4 de kilo de pommes de terre — 7 paquets de pâtes (pour le maïs) — salade - fromage sans tickets — 1,5 l de lait.

d'après "les cahiers du Vic-Bilh" Maxime Malompré - Carole Nicolas.
 

 

Le témoignage d'ALPHONSE MONGE, À SIMACOURBE

Bataille de Monassut
 

 


En savoir plus sur les
CAGOTS.


Lire l ' L'histoire de Lembeye par André Anglade .


En savoir plus sur « 
Le petit train (le tram) » (petit train Pau-Lembeye)

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