église de Morlaàs, portail roman

Dernière modification:  16/09/2013

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Page d'histoire. (1)

 

L'église romane Sainte-Foy date partiellement du XIe siècle. Sa construction fut commencée sous le règne de Centulle IV (ou Centulle V suivant les historiens). Le portail est la partie présentant le plus d'intérêt, et prouve l'importance passée de la ville. Le ministère de la Culture y a recensé un ostensoir du XIXe siècle, des tableaux, un autel et une plaque commémorative datée de 1301. L'église est une étape sur la via Tolosane (ou voie toulousaine), nom latin d'un des quatre chemins de France du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, le plus au sud. Sur le portail, la représentation de canards évoque ce pèlerinage vers la ville abritant le tombeau de saint Jacques.

 

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I. – HISTORIQUE.

L'église de Morlaàs a été bâtie vers 1080, par l'abbé de Cluny à la suite d'un prieuré fondé par le vicomte Centulle V (ou Centulle IV ? ), Vicomte du Béarn et d'Oloron. Ce dernier avait épousé sa pupille Gisla dont il était parent à un degré prohibé par l'église. Le Pape Grégoire VII annula son mariage, et Centulle fonda ce monument pour donner un caractère solennel à la réparation de sa faute. Sainte-Foy de Morlaàs fut l'orgueil de l'ancienne capitale politique et religieuse du Béarn.
         L'abside et la partie inférieure de la façade sont les seules parties que l'on puisse considérer aujourd'hui comme remontant à l'époque de la fondation. L'église primitive possédait, au-dessus du portail, une splendide tour carrée, et elle était entièrement voûtée. La voûte en maçonnerie et la tour s'écroulèrent sans doute; les trois nefs et leur soutien furent reconstruits au XIVe siècle. Le pignon qui surplombe le clocher date du XVe siècle.

L'église fut dévastée en 1569 par les bandes de Montgommery, et le culte y fut interdit de 1570 à 1613.

L'église fort délabrée, fut réparée de nouveau en 1724. Elle fut classée en 1841, grâce à Viollet-le-Duc, qui s'intéressa grandement à cet édifice. Bien qu'elle ait souffert de restaurations pour le moins discutables, elle demeure un témoignage de l'influence de Cluny en Béarn.

La réfection du porche, ordonnée en 1807, fut exécutée par des architectes disciples de Viollet-le-Duc, Geoffroy de Chaume, et son fils Alfred Geoffroy, sous la direction de Boeswillwald architecte en chef des monuments historiques, et par les sculpteurs Boey et Arille.  Si la plupart des sculptures furent exécutées à partir de moulages réalisés par Alfred Geofroy, les apôtres des piédroits, les chapiteaux de l'ébrasement, le tympanon représentant la fuite en Égypte  et la base du trumeau ne sont guère fidèles aux originaux.
Cette restauration ne fut terminée qu'en 1902.
       Ce portail rappelle celui de Sainte-Marie d'Oloron, lequel a conservé toute l'authenticité et l'élégance de la sculpture romane.

 (Pour ceux qui s'intéressent à l'art roman, je conseille vivement le musée de la cathédrale de Jaca qui a la réputation d'être le plus beau musée roman ... du monde!)

   Arille copiant un moulage pour le trumeau.

 

 

. Il. - DESCRIPTION DU PORTAIL.

À droite et à gauche de la porte d'entrée principale qui offre au centre un meneau*, se dressent les statues nimbées* des douze Apôtres, dont huit sont accolées deux à deux. Des colonnes à chapiteaux historiés, disposées dans les angles rentrants, reçoivent les retombées de six grandes arcades plein-cintre superposées et merveilleusement décorées.
Au-dessus des tailloirs
*, la première voussure* encadre un large tympan dans lequel en sont inscrits deux autres, correspondant aux divisions de la baie géminée.
L'ensemble du portail est inspiré par la vision que Saint-Jean eut du ciel et qu'il raconte dans l'Apocalypse.
Dans le grand tympan, au centre de la composition, Notre-Seigneur trône sur un bisellium
*. Il est environné d'une gloire elliptique où se lit l'inscription suivante:

« REX. Sum. Coelornm. Merces. Condigna. Meorum Me. Quicumque. Colit pro Vita perdere nolit. »

À sa droite, un ange lui présente le livre de l'évangéliste Saint-Mathieu. À sa gauche, l'apôtre Jean est figuré par l'aigle.
Au-dessus, voici les 24 vieillards. Ils sont assis, tenant en mains des harpes ou des vases de parfums. Sur le claveau
* du centre apparaît dans un nimbe* Jésus-Christ, sous la figure de l'agneau, portant la croix résurrectionnelle.
Plus en arrière, sur le dernier voussoir
*, trente-deux âmes de justes ou d'anciens martyrs élargissent, en le complétant, le cercle de la cour céleste. De misérables tuniques leur ceignent les reins, laissant voir, nus, de pauvres membres flagellés par toutes les souffrances; l'une de leurs mains est placée sur leur poitrine, l'autre est levée vers le ciel, dans une attitude suppliante.
Dans les voussures intermédiaires, une rangée de canards montent en bon ordre vers le ciel. Voici l'explication que donne de ces canards l'abbé Laplace:
Il rappelle que le spectacle observé de ses migrations périodiques fit de cet oiseau voyageur un des attributs de Saint-Jacques, et aussi des innombrables pèlerins qui traversaient alors le Béarn, en marche vers Compostelle. Ce serait donc en l'honneur du grand apôtre de l'Espagne et en souvenir des nombreuses caravanes qui affluaient vers son sanctuaire que l'artiste aurait sculpté ces canards.

Les deux tympanons sont ourlés d'un tore* et d'une moulure à billettes Le premier renferme un bas relief qui représente le Massacre des Innocents.

Deux vers sont tracés en une seule ligne circu­laire sur le bandeau.

« Herodes Dominum Dum querit Perdere, Christum.

Extinsit pueros fidei jam fonte renatos »

« Hérode voulant faire périr le Christ Notre Seigneur, mit à mort des enfants aussitôt ressuscités par leur martyre ».

Le tympanon de droite représente la fuite en Égypte. Il est entouré de l'inscription suivante:

 « Fugiebat mortem ut nos redimeret Angelus Salutifero monstrabat viam salutis ».

 « Il fuyait la mort pour nous racheter, l'ange montrait la voie du salut à celui qui venait nous sauver »

 Au pied du meneau* sont enchaînés deux misérables, condamnés par une fantaisie du sculpteur, M. Bouey, à en supporter le poids. Sur le fût, un jeune homme et une biche aux formes élancées s'élèvent au milieu des lianes... des oiseaux s'abattent dans le feuillage, ...et il éclôt au sommet une magnifique frondaison de fleurs et de fruits. À l'époque, tous ces personnages étaient peints de couleurs vives et le portail était comme un livre ou une bande dessinée pour des gens dont la plupart ne savaient pas lire !

La plupart de ces sculptures ont été refaites lors de la restauration du portail, mais l'artiste (un disciple de Viollet-le-Duc*) a su conserver au porche son antique cachet. Ce portail constitue l'un des plus beaux types de style roman.

Quelques définitions

un meneau*:
montant ou traverse de pierre qui, dans les anciennes fenêtres, divisaient la baie.

nimbe, nimbée* :
auréole, couronne, halo.

tailloir*:
partie supérieure d'un chapiteau.

bisellium*:
Siège d'honneur, canapé à deux places, réservé dans les cérémonies à un personnage de marque.

voussure*:
courbure d'une voûte, d'un arc, partie courbe qui surmonte une porte, une fenêtre.

claveau*:
pierre taillée en coin, utilisée dans la construction des linteaux, des voûtes et des corniches.

 tore* :
moulure ronde, le plus souvent demi cylindrique qui entoure le bas d'une colonne, d'un pilier.

 Viollet-le-Duc*:
1814 - 1879, architecte français. Au début des années 1830, un mouvement de restauration du patrimoine médiéval apparut. Prosper Mérimée directeur général des monuments historiques demanda à Viollet-le-Duc, de restaurer la basilique de Vézelay en 1840. Ce travail marqua le commencement d'une longue série de restaurations, dont les plus connues sont la Cité de Carcassonne et Notre Dame de Paris en 1843 avec Jean-Baptiste-Antoine Lassus.


Pour en savoir beaucoup plus sur
L'histoire de l'église. (2)


Le musée de Morlaàs


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