Dernière modification: 16/09/2013
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Histoire du village de Monassut.

La commune se situe aux confins de deux vallons. Le nom de Monassut indiquerait un endroit mis en défense (mont assousta), et Audiracq, plus élevé, pourrait provenir du latin altenus. Dans le recensement de 1385, Monassut était lié avec Gerderest et Audiracq comptait 25 ostaùs*.

Le village eut vraisemblablement pour origine l'emplacement d'un camp nommé les Glizias de Capdebat, comprenant deux enceintes annulaires accolées, bien conservées, entourées de fossés et couvrant une superficie de plus d'un hectare. Autre vestige antique, le grand tumulus du Tourucous qui mesurait 20 m sur 1 m 50 et avait la particularité de posséder un petit dolmen en son centre fut, hélas, arasé en 1963. 

L’abbaye laïque** d'Audiracq du XVIIIe siècle a gardé du caractère. En 1364, Ramon, seigneur d'Audiracq, prête hommage à Gaston Fébus. Odet d'Audiracq est abbé du dit lieu en 1538. Restent quelques éléments de l'édifice originel, dont la cheminée. Monassut posséda également son abbaye laïque, dite rurale, bâtie sur un ensemble fortifié remontant au Xe siècle. Quant à sa seigneurie, elle fut longtemps possédée par le puissant baron de Gerderest.

Ces lieux furent le théâtre de violents combats entre Allemands et maquisards lors de la dernière guerre.

 

feu ou ostau*: maison habitée; on compte environ 5 habitants par feu.
abbaye laïque
**: On entend par "abbé laïque" le seigneur qui possède la dîme du village, et par abbaye laïque la maison noble et déchargée de taille, généralement proche de l'église dont l'abbé laïque assurait l'entretien et la protection. Il ne faut donc rien voir de religieux dans ces termes "abbé ou abbaye".

d'après Hubert Dutech   

 

MONASSUT

DEMEURE DITE « CHÂTEAU MENJOT »

Ancienne abbaye laïque mais considérée comme non noble. Possédée au XVlll° siècle par la famille de Labat et au XIX° siècle par les Cazenave, et attenante à l'ancienne église détruite. Après 1829, la partie occidentale du château comprenant quatre travées a été prolongée vers l'Est. On a alors remanié l'ensemble de la façade antérieure.

 

MONASSUT MOUSSIROTTE.

Portée sans doute par erreur comme maison noble sur la carte de Cassini, cette grosse maison bourgeoise a été reconstruite vers 1833 (date portée sur la grange-étable). Seule la porte de la remise, à encadrement chanfreiné en accolade, pourrait dater du XVI° siècle.

 

CHÂTEAU D'AUDIRACQ.

Ancienne abbaye laïque. L'abbé laïque d'Audiracq est cité en 1364 et en 1385. Sont abbés laïques, en 1538 Odet d'Audiracq et en 1546 Ramonet d'Ostabent (cf. Juillacq). En 1616, lsaac de Bourdiu possède l'abbaye qui est saisie en 1639 par lsaac de Lafargue puis revient, en partie démembrée, à la famille de Bourdiu (qui prend parfois le nom d'Abbadie), passe par mariage aux Belloc (1740) puis aux Lasserre (1764), est vendue en 1778 à Jean-Baptiste de Ribeaux, puis à Pierre de Lichigaray et Joseph Desclaux, son héritier, enfin à Jean-Baptiste Dupoey (1786). Le corps de logis qui conserve des éléments de la fin du XVIe siècle (cheminées, baies de l'élevation Est) a été remanié dans la première moitié du XVlll° siècle (escalier à balustres en double poire) et remodelé complètement à la fin du XVIII° siècle ou au début du XIX° siècle.

 


MONASSUT aux confins de deux vallées, offre une assez jolie petite plaine et se trouve certainement situé sur l'emplacement d'un camp romain, au lieu dénommé « glisia!>. On y trouve les vestiges d'une chapelle qui fut peut-être l'ancienne église paroissiale. Les trois enceintes du camp sont plus difficiles à déterminer. L'abbaye laïque du XVIIIe siècle a gardé du caractère ainsi que plusieurs maisons de la même époque. L'église possède un tableau référencé du XIXe siècle.

AUDIRACQ a une consonance indéniablement latine et fut un lieu féodal ancien. L'abbaye laïque qui subsiste a été assez judicieusement restaurée. Les deux communes faisaient partie de la baronnie de Gerderest, la cinquième grande baronnie du Béarn. Issaac de Lafargue fut admis aux états comme seigneur de l'abbaye laïque d'Audirac le 10 décembre 1633. L'abbaye passa ensuite à la famille de Bourdiu puis plus tard à celle des d'Abadie-Lasserre vers 1700. David d'Abadie laissa l'abbaye au fils de sa fille Jean de Bellocq en 1740. Marie de Bellocq épousa à Audiracq le 19 septembre 1763, Jean de Lasserre de Lembeye, avocat au Parlement. Le fief fut vendu ensuite en 1787 au Sr Pierre de Lichigaray. Celui-ci fit héritier le Sr Joseph Desclaux, fils, d'Arthez. Le fief fut à nouveau vendu le 18 décembre 1786 à noble Jean-Baptiste de Dupoey de Navarrenx, reçu le 13 janvier 1787.

Ces communes eurent à souffrir énormément des troubles religieux du XVIe siècle et, pendant la dernière guerre, un épisode assez sanglant de la résistance se déroula à Monassut, lorsque une colonne allemande revenant du nord du Vic-Bilh et de Lembeye, fut accrochée sur place par le maquis du corps Franc Pommiès.

L'église et le pigeonnier, sur la colline portent encore les traces de ces combats qui ont laissé sur place bien des souvenirs...

D’après André Anglade. « Vic-Bilh le vieux pays »

 

Difficile de parler de l’historique de Monassut-Audirac sans parler de…

Gerderest

GERDEREST est placé au-dessus de Monassut au sud-est, après Abère. Le village de Gerderest garde le souvenir de son passé glorieux. Le baron de Cerderest siégeait avec cinq autres barons laïques à la « Cour Majour  » de Gaston Fébus. On trouve mention des premiers membres de cette famille dès le XIe siècle d'après Monsieur Jean Louberge (notes sur les barons de Cerderest et leur château) puis aux XIII° et XIV° siècles. Au XVe siècle Bernard de Béarn, fils naturel de Jean 1er, Comte de Foix (le bâtard de Béarn) acquiert par mariage cette seigneurie en épousant Catherine de Viella, mais cette possession lui était contestée par Raymond de Viella.  Les Béarn-Gerderest jouèrent ensuite un rôle prédominant. Du temps de la reine Jeanne un baron de Gerderest saccagea tous les biens protestants du Vic-Bilh et s'empara ensuite de tout ce pays avec l'aide des seigneurs catholiques. Mais il fut fait prisonnier à Orthez par Montgomery et décapité à Navarrenx.  C'est à cette époque que le château aurait été détruit par ordre de la reine.  Henri IV donna la seigneurie à nouveau à un baron de Miossens Henri d'Albret ( son arrière grand-mère était déjà une De Gerderest ). Les AIbret-Gerderest devaient jouer un rôle important dans la politique française aux XVIe et XVIIe siècle, mais se désintéressèrent de leurs possessions béarnaises qu'ils vendirent peu à peu. 

Grâce aux observations effectuées par l'ancien propriétaire des terres concernées Monsieur Pierre Décés, il est facile aujourd'hui de déterminer assez exactement l'ancien emplacement du château de Gerderest et même celui du camp fortifié d'origine gallo-romaine.
D’après André Anglade. " Vic-Bilh le vieux pays"

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L'affaire Cazenave à Monassut

la bataille de Monassut

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