monassut

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Voici une affaire qui révèle une ténacité et une pugnacité assez extraordinaires de la part de la population du village de Monassut. Tout commence - ou semble commencer - en 1806, date à laquelle un habitant de la commune, Cazenave, gêné par la proximité du cimetière, obtient du préfet la décision de son transfert sur un terrain situé à la périphérie du village. Le conseil municipal s'y oppose en déclarant le transfert inutile, mais comme le préfet fait pression, il accepte, de très mauvais gré, l'idée d'établir le cimetière sur un autre terrain que celui qui avait été proposé. L'affaire traîne ; on continue à inhumer dans l'ancien lieu de sépulture. Le préfet de la Restauration fait une concession en reconnaissant que le dernier emplacement proposé n'est pas bon, mais il ordonne, par arrêté, qu'en attendant d'avoir trouvé un lieu adéquat les morts de Monassut soient inhumés dans les cimetières des communes voisines. Sa prescription n'est pas mieux observée que celle de ses prédécesseurs, et le conseil, bien que convoqué à cet effet, se refuse à désigner un nouvel emplacement ; il se borne à déclarer que « les habitants ne voulaient d'autre cimetière que l'ancien et que c'était un parti pris entre eux ».

Après une nouvelle et énergique intervention du préfet, le conseil se résout, pour le principe, à proposer un terrain, mais Il fait en sorte que son choix soit irrecevable. « Le préfet, lit-on dans le rapport consacré à cette affaire, s'étant transporté sur les lieux, reconnut lui-même que le conseil municipal avait fait une désignation inconvenante et inadmissible, puisqu'elle aurait eu pour résultat de placer le cimetière au milieu même de la propriété du Sieur Cazenave et toujours aussi près de son habitation ». Le préfet choisit alors lui-même un emplacement, qu'il fait reconnaître officiellement par ordonnance royale en date du 17 août 1817. Néanmoins, deux ans plus tard, le conseil continue toujours à faire obstruction, trouvant des objections nouvelles au transfert et ne voulant point s'occuper de faire clore le nouvel emplacement. Au mois de janvier 1819, deux inhumations ont encore lieu, en plein jour dans l'ancien cimetière, au mépris de l'arrêté du préfet ! Celui-ci, à l'évidence, ne sait plus à quel saint se vouer ; d'autant que, mise à part la famille Cazenave, tout le village, notamment le maire et le curé, est solidaire. C'est là un bon exemple d'« insubordination » et d'opposition continue de tout un village à des décisions du pouvoir central et de ses agents.

[ archives nationales BB18993 juillet-août 1819, avril 1820 ]

Voir « Les Pyrénées au XIX° siècle » de Jean-François Soulet.


la bataille de Monassut (13 juillet 1944)

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