Dernière modification: 16/09/2013

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Le Béarn n’a pas toujours été en France !   

 

Au moment de l'éclatement de l'Aquitaine carolingienne, aux IX° et X° siècles, le semblant d'unité apporté par Rome vole en éclats et les anciennes tribus, les anciens neuf peuples, refont surface ici les Venarni (Béarn), là les Bigerri (Bigorre). Correspondant à l'évêché de Lescar, le premier Béarn a Morlaàs pour centre et sa partie essentielle est le Vic-Bilh (le « vieux pays ») séparé de la Bigorre par la minuscule vicomté du Montanérès. Au diocèse d'Oloron correspond la vicomté du même nom englobant les vallées montagnardes d'Ossau, Aspe et Barétous. Quant au pays d'Entre-deux-Gaves, au confluent des gaves de Pau et d'Oloron, dans la région d'Orthez, il fait partie de la vicomté de Dax. Entre le milieu du IX° siècle et le début du XII° siècle, des guerres et plus encore des mariages permettent un regroupement et la constitution de frontières qui demeurèrent intactes jusqu'en 1790, au moment de la création du département des Basses-Pyrénées.

Dans ce cadre territorial, le haut Moyen Age fut caractérisé par l'amalgame progressif de populations ayant des genres de vie en partie antagonistes quoique reposant l'une comme l'autre sur l'exploitation de la terre. Les montagnards étaient des pasteurs transhumants qui, de septembre à mai, conduisaient leurs brebis et leurs vaches (animal symbolique du Béarn) sur les terrains de parcours, des collines de l'Adour aux bords de la Garonne. Ils bloquaient donc l'expansion des cultures de millet et de vigne des paysans sédentaires du bas-pays, paysans qui pratiquaient également l'élevage avec d'abondants troupeaux porcins. Jusqu'au XVIII° siècle, nous trouvons trace de cette rivalité qui prit parfois des aspects de véritable petite guerre rurale. Dans ces conditions, les vicomtes de Béarn durent, très tôt, faire l'apprentissage des techniques de l'arbitrage débouchant sur l'art de la diplomatie. Mais l'action de cette famille seigneuriale eut rapidement l'occasion de trouver un champ d'action bien plus vaste que le seul Béarn.


 


Jeanne d'Albret, mère d'Henri

La reine Margot, épouse d'Henri IV Roi de France.

 

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 Le domaine des Princes de Béarn à la fin du Moyen Age (XIV° au XV° siècles)
(hachuré : domaine des Foix-Béarn au milieu du XIV° s.
gris clair : acquisitions des Foix-Béarn-Navarre-Albret au milieu du XVI°s )

 

Naissance d’une principauté souveraine.

Née dans le cadre de la Gascogne, la vicomté de Béarn tourna rapidement ses regards vers la vallée de l'Ebre qu'il fallait reconquérir sur les Musulmans. Du début du XII° au milieu du XIII° siècle, le Béarn devint progressivement un élément du vaste ensemble politique appelé « Pays de la Couronne d'Aragon » s'étendant de Huesca à Barcelone. Si le Béarn réintégra la Gascogne au milieu du XIII° siècle, ce fut pour être englobé dans un duché passé sous le contrôle des rois d'Angleterre. Chacun de ces changements d'orientation, les vicomtes de Béarn avaient disposé d'une autonomie de fait qui devint indépendance complète au milieu du XIV° siècle. Comparable à la principauté d'Andorre ou de Monaco, le Béarn fut bien alors un « pays distinct, à part soy et séparé de la couronne de France »... et le serait encore peut-être Si Henri III de Navarre-Béarn n'était devenu roi de France en 1589 (Henri IV), entraînant un régime d'union personnelle qui conduisit en 1620 (sous Louis XIII) à l'incorporation au royaume de France. Henri II de Béarn était aussi roi de Navarre sous le nom d'Henri III. C'est qu'une subtile politique matrimoniale fit des Béarn, les Béarn-Marsan, puis les Foix-Béarn, en attendant le pays d'Albret, la Bigorre, l'Armagnac, sans compter les couronnes de Navarre et de France. Ainsi ce pays replié sur lui-même, dont les habitants n'acceptaient point d'ingérence extérieure, fut-il en même temps (et aussi par suite d'une intense émigration rendue indispensable par la médiocrité des ressources naturelles et le droit d'aînesse) largement ouvert sur le monde extérieur.
 

 
Henri II de Béarn, Henri III de Navarre, Henri IV de France.
 

 Henri III de Navarre fut prince de Foix Béarn de 1572 à 1589 avant de devenir Henri IV de France. Il n'a pu conquérir son trône que grâce aux ressources en hommes et en argent tirées du Béarn et de ses Etats du Sud-ouest. L’essentiel de son action se passe hors du cadre de la principauté souveraine. En réalité le Béarn fut dirigé pour son compte par sa sœur Catherine de Bourbon, régente dès l'âge de 18 ans. C'est elle qui, au milieu de la tempête tint la barre, fit face aux récriminations des États de Béarn, les amena à voter les subsides nécessaires, et mit à la disposition de son frère les moyens matériels et humains indispensables, en particulier ces fameux soldats gascons qui faisaient prime sur le marché international de la guerre en ce milieu du XVI° siècle, alors que les vertus militaires des autres Français étaient jugées bien minces par tous les observateurs étrangers.

 

Catherine de Bourbon, sœur du Roi Henri II de Navarre.

 

En général, nul ne parle de la sœur d'Henri IV, beaucoup ne savent même pas qu'elle a existé. C'est que Catherine a été pour Henri IV une auxiliaire indispensable mais aussi une gène insupportable. Contrairement au Béarnais, comme leur mère Jeanne d'Albret, Catherine a toujours refusé d'abjurer le calvinisme ; installée à Paris elle faisait chanter les Psaumes et célébrer la Cène même au Louvre, en vertu de son rang royal malgré l'édit de Nantes qui reléguait à Charenton tout exercice de la religion réformée. Finalement, Henri se débarrassa de Catherine en la contraignant à épouser l'héritier du duché de Lorraine, un Guise ultra catholique. Cette noire ingratitude est d'ailleurs conforme à l'esprit du temps : les princesses ne sont que des pions sur l'échiquier politique, maniés sans le moindre ménagement.

Parti de Pau en 1586, Henri n'y revint jamais. Mais il savait trop ce qu'il devait à ses Béarnais. Aussi, devenu roi de France, il n'incorpora point au domaine de la couronne le Béarn, principauté souveraine, et la Basse Navarre, terre royale. Ainsi un régime d'union personnelle fut institué : il dura jusqu'en 1620. Louis XIII n'avait pas les mêmes raisons que son père pour ménager les Béarnais ; comme de surcroît ceux-ci entravaient l'application de l'édit de Fontainebleau (un édit de Nantes à rebours) prévoyant l'exercice du culte catholique dans la principauté sous certaines conditions face à un calvinisme resté dominant, le jeune roi vint à Pau où, le 20 octobre 1620, il rétablit le catholicisme comme religion officielle et incorpora le Béarn au royaume de France. Certes, les Béarnais conservaient une large autonomie interne avec leurs Fors et leurs États de Béarn, disposaient d'un Parlement de Navarre siégeant à Pau garantissant le maintien de leur droit civil. Il n'en restait pas moins qu'une page était tournée. Le Béarn n'était plus désormais qu'une province de l'espace français ; toutes les grandes décisions furent prises à Paris ou à Versailles. Aux princes succèdent des acteurs plus humbles de l'histoire.

 

Les Institutions du Béarn, province française, passèrent peu à peu, sous l'Ancien Régime, sous le contrôle des Intendants représentants du roi, malgré la présence du Parlement de Navarre, des États de Béarn, le respect formel des Fors. Par exemple, les montagnards qui avaient l'habitude de discuter librement de leurs affaires pastorales avec leurs voisins d'Aragon virent peu à peu les antiques traités de lie et passerie vidés de leur contenu. Les Intendants s'attachèrent à rénover l'économie, le système routier et n'eurent pas beaucoup de peine à faire régner l'ordre au sein d'une population foncièrement pacifique qui, malgré sa situation près de la frontière espagnole, ne connut guère que quelques échos assourdis des combats qui s'y livrèrent épisodiquement. Le seul moment dramatique en ces deux siècles fut lié à la révocation de l'Edit de Nantes.

Le maintien des coutumes familiales remontant au Moyen Age et dont le Parlement de Navarre était le garant permit malgré tout au Béarn de maintenir sa spécificité au sein de l'ensemble monarchique encore multiforme. Parmi celles-ci il faut insister sur les conséquences sociales de deux pratiques. En premier lieu la noblesse resta réelle pour siéger dans la noblesse aux États de Béarn, il fallait justifier de la possession d'une terre réputée noble, franche d'imposition. Ceci permettait une certaine mobilité sociale des familles, fortune faite dans le négoce par exemple, pouvaient s'introduire dans le corps privilégié par l'achat d'une terre noble, ou d'une fraction de celle-ci. Inversement un strict droit d'aînesse aboutissait à une fermeture quasi totale pour les cadets ou cadettes, et ceci aussi bien dans les familles paysannes que nobles. Dans ces conditions un cadet, à moins d'épouser une héritière, était condamné à une vie d'obscur domestique sur la terre familiale à moins, pour changer de condition, d'entrer dans les ordres ou de tenter l'aventure de l'émigration. La pression démographique s'ajoutant à ce système social et à la médiocrité des ressources naturelles, l'émigration devint aux XVII et XVIII° siècles le fait majeur de l'histoire béarnaise. Rares étaient les familles qui n'avaient pas au loin un émigrant dont ils espéraient recevoir un jour de l'argent, fortune faite, pour rénover l'exploitation familiale : nobles et non nobles participèrent d'un même élan à cette aventure. Celle-ci pouvait avoir pour cadre le royaume de France, et plus spécialement les armées, car le Béarn fut un pourvoyeur infatigable de cadets de Gascogne, tels Porthos, Athos, Aramis, les compagnons de d'Artagnan immortalisés par Alexandre Dumas sous une forme fort romancée. Beaucoup y trouvèrent la mort, d'autres la fortune, du maréchal Gassion (un des vainqueurs de Rocroi) à Bernadotte, ce fils d'avoué au Parlement de Navarre dont la Révolution fit un maréchal, rival de Napoléon, et qui termina sa vie en 1844 sur le trône de Suède où il fonda l'actuelle dynastie. En choisissant quelques destins individuels, il est possible de donner une idée de la diversité et de la profondeur de ce mouvement, et en même temps d'évoquer certains épisodes majeurs de l'histoire du Béarn.

Toujours est-il que ce n’est que le 15 octobre 1789 que les patriotes de Pau acceptent les décisions de la nuit du 4 août. Le Béarn perd alors son particularisme au sein de la nation française.

 


Cliquer sur la carte pour une meilleure lecture.

1 : Béarn primitif, Vic Bilh, diocèse de Lescar.
2 : Diocèse & Vicomté d'Oloron.
3 : Vicomté de Montanérès.
4 : Pays d'Orthez et de l'Entre-Deux-Gaves.

extrait de "Béarn histoire et art" d'après Pierre Tucoo-Chala.


Le jeu des alliances est très bien illustré par les différentes armoiries !

Cliquer sur les armoiries de Navarre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1212, une opération est montée en Andalousie, pour juguler les entreprises des musulmans adversaires désignés des domaines chrétiens des souverains espagnol : castillan et aragonais.

Grâce au roi de Navarre, les chefs chrétiens unis de Navarre, Castille et d'Aragon gagnèrent la bataille de « Las Navas de Tolosa », dans la province de Jaén, contre les Maures. Selon la tradition, les Navarrais massacrèrent les gardes du « Miramamolin » Abu-abd-Allah Muhammed al-Nasir, et s'emparèrent des chaînes qui protégeaient la tente de l'Emir.

Ces chaînes, ainsi que l'émeraude placée sur le mât de la tente deviendront les armes de la Navarre. Elles figureront plus tard dans le blason des rois de France associées aux trois lys d'or sur champ d'azur de la dynastie des Bourbons. Les chaînes du blason navarrais ne sont donc pas primitives. Le premier blason portait la croix d’Arista.


Pour en savoir plus sur
les fors de Béarn

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