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[25 messidor an XI - 14 juillet 1803]

Le Citoyen Dalband, aîné, Agriculteur-pratique, à Araujuzon, vient de me faire passer la note ci-après ; je m'empresse d'en faire part aux Cultivateurs. (25 messidor an XI)

« On se plaint, de toute part, que le maïs, ou milloc, souffre beaucoup de sécheresse. On pourrait remédier, en grande partie, à cet inconvénient, en labourant profondément la terre ; mais, malheureusement, on ne fait que la gratter dans beaucoup d'endroits du Département. Comment veut-on que ce peu de terre remuée puisse défendre le milloc contre la sécheresse : au contraire si la terre est bien défoncée, plus il fait chaud, plus la plante prospère. Qu'on en fasse l'essai et on s'en convaincra.

Un autre inconvénient, c'est qu'on ne se sert pas encore, dans ces pays-ci, du labourage d'Anthiver, qui est le labourage, par excellence si on peut parler ainsi. On laboure, en général, les terres, où on doit semer le milloc, en mars ou avril : par ce labourage tardif, la terre n'a pas le temps de se rendre friable. Au contraire, lorsqu'on laboure la terre avant l'hiver, elle devient meuble par les gelées, les neiges &c. et elle est plus facile à travailler toute l'année, pendant que le milloc la couvre ; le travail est aussi plus aisé pour ensemencer le froment : et ce bon travail fait qu'on obtient double récolte de milloc et de froment.

Mais m'objectera-t-on, il faut avoir de forts bestiaux pour labourer profondément : on peut le faire avec les plus faibles bestiaux, en se servant de la méthode de défricher les landes et renouveler les vieilles prairies, que mon frère et moi avons données, en 1773 : elle fût exécutée dans tous les chefs-lieux de Béarn, par délibération des États. Si ce labourage est plus long à faire, il sera, aussi, bien plus avantageux, que celui fait d'un seul trait ; parce que le sillon, ou souc, en idiome béarnais, sera coupé en deux, la terre plus menuisée et plus meuble ; ce qui fera que les plantes y prospéreront davantage.

D'un autre côté, en labourant profondément, on ramènera, dessus la terre anciennement travaillée, tout le suc des fumiers, la chaux, la marne et autres engrais, parce qu'ils tendent, toujours, à se précipiter au fond de la terre.

On m'objectera, encore, que tous les terrains ne se sont pas susceptibles d'être labourés profondément, y en ayant beaucoup qui n'ont qu'une très mince couche de terre végétale, cela est vrai ; dans ce cas, il faut les défoncer peu à peu et toujours en se servant du labourage d'Anthiver, afin que la terre neuve se mélange plus facilement avec l'ancienne et tâcher de la bonifier autant qu'on pourra : mais, surtout, il faut bien se garder de le faire au printemps, parce qu'on se priverait d'une récolte. Au reste on ne peut espérer d'avoir de bonnes récoltes dans une terre qui a peu de fonds et avec un léger labourage : ainsi, on doit faire son possible pour y remédier, si on ne veut pas que la dépense excède le produit.

J'engage les Cultivateurs à faire l'essai, en petit, du labourage d'Anthiver et bien profond, non seulement pour les terres labourables : mais, aussi, pour les vignobles, il y a plus de 30 ans, que je le mets en pratique, aussi récolté-je environ 80 mesures (mesure de Navarrenx, qui équivaut à, environ, un double décalitre) de milloc dans un arpent (Arpent de Béarn de 144 escats de 22 enpams chacun, équivalant à 1000 toises quarrées et quelques pouces, ou à, environ, les deux cinquièmes d'un hectare.) et 40 à 45 mesures de froment dans la même étendue : à la vérité je me sers d'une manière de labourer la terre pour ensemencer le froment, après la récolte du milloc, qui n'est pas usitée dans ce pays. Il y a 5 ans que j'en fais l'expérience. Je me propose de la faire bientôt connaitre.

Quant à la vigne, je recueille, ordinairement, 4 à 5 barriques par arpent, année commune.

[ À Araujuzon, près Navarrenx, le 16 Messidor, an II de la république ].

DALBAND.

Le maïs

 


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