Dernière modification: 20/04/2015

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Vendredi 21 novembre 2014.

Surin - Ubon.

Je me fais violence pour partir vers d'autres horizons.

Du vélo le matin, puis chaise longue tout l'après-midi, ça commence à me lasser. Mon visa arrive à échéance le 25, je dois donc sortir du pays pour avoir droit à rester à nouveau deux semaines ou un mois, je ne sais pas, car ça change suivant l'humeur des dirigeants du pays. Il me faut donc aller au Laos. Je pars à la gare de Surin à quatorze heures, car mon voyage commence par la voie ferrée. C'est certainement moins fatigant, mais c'est surtout parce que les deux cents kilomètres qui séparent Surin de Ubon sont vraiment sans intérêt sur une route très fréquentée, et en plus, j’aurais des rafales de vent dans le museau. Amnuai m'a escorté en moto jusqu’à la gare. Le train n'a que dix minutes de retard. Le vélo doit certainement voyager en première classe, car le transport de la bicyclette est plus onéreux que mon billet ( 90 bahts au lieu de 80 pour moi ). Nous allons « bon train ». Les vitres baissées laissent entrer un air presque doux, il n'y a pas grand monde ni grand bruit, car tous les passagers semblent assommés. De temps en temps, un marchand de boissons fraîches ou une vendeuse de poulet rôti viennent rompre le silence en vantant leur marchandise : « nam yen ! », « khay khao niêo ! »... Le paysage n'est pas aussi vert que durant la saison des pluies: c'est insipide et monotone.

 

     

 

Le terminus du train n'est pas à Ubon, mais à Warin, à six kilomètres. Pour moi, cela n'a aucune importance, car je vais dans un hôtel que je connais à côté de la gare ( hôtel « Gulap » ). Ma chambre est au premier étage, mais cela ne m'empêche pas de monter l'escalier en portant mon vélo sous le regard abasourdi d'une employée qui n'a jamais vu un cycliste emmener sa monture au premier étage. Elle est aussi surprise que si elle voyait un cow-boy monter les escaliers avec son cheval !

Le soir, je me sens un peu seul. Je vais me consoler en allant siroter une grande bière « Chang » glacée, et en dégustant du canard rôti. Le patron est flatté, car j'en prends deux fois. À quarante bahts ( un euro ) la portion, ce n'est pas la peine de rester sur sa faim.

 

Samedi 22 novembre 2014.

Warin - Phibun.( 43 km )

J'ai mal dormi, car les moustiques m'ont dévoré les pieds, alors j'ai dû mettre le ventilateur, mais comme il tournait trop vite, j'avais froid. Alors, je me suis mis sous la couverture, mais j'avais trop chaud...

 

   

 

Je suis réveillé à six heures, mais je ne pars qu'à huit. J'attends que le soleil soit un peu haut, car je vais vers l'est et je n'ai pas envie que les usagers de la route arrivant derrière moi aient le soleil en pleine figure. La route est toute droite, toute en faux plats, montant ou descendant. Le trafic n'est pas très important, je ne me sens pas en danger. La route n'est plus bordée de rizières comme vers Surin, du moins je ne les vois pas, car une haie ininterrompue d'eucalyptus ou de buissons me cache le paysage. Je m'ennuie sur ces longues lignes droites. Un cycliste équipé d'un vélo dernier cri « Pinarello », cadre carbone et jantes profilées me rattrape. Nous faisons un long bout de chemin ensemble, et nous roulons à vingt-sept kilomètres-heure. Nous prenons le temps de nous reposer dans un de ces petits abris bordant la route. Il s'appelle Boonlua, il fait des compétitions, mais les épreuves sont rares. Le cyclisme n'est absolument pas populaire en Thaïlande où l'on ne s'intéresse qu'à la boxe et au football. Il faudra que le Tour de France parte un jour de Bangkok !

Sur ces routes de Thaïlande, je roule parmi les odeurs : parfum entêtant d'un fromager en fleur ou d'un buisson de jasmin, puanteur du cadavre d'un animal heurté par une voiture et jeté au fossé, fumée âcre des moteurs de motos, fumet de grillades de poulet ou de brochettes de viande de porc vendues sur le bord de la route dès sept heures, et partout ces subtils effluves de foin ou de paille sèche. Boonlua roule à côté de moi sur la ligne de la bande d'urgence ou carrément sur la chaussée. Il ne peut pas serrer sur le bas-côté comme moi, car la bande d'urgence est constellée d'éclats de verre que ses pneus fins ne supportent pas. C'est bien pour cette raison que j'ai choisi le VTT, même si mon vélo de treize kilos est moins performant ! À l'entrée de Phibun, mon compagnon m'abandonne, car il revient à Ubon par une autre route.
Je vais à l'hôtel « Phiboonkit » où pour deux cent cinquante bahts j'ai une chambre très correcte avec ventilateur et salle de bains propre. La douche froide me redonne des forces. À une heure je vais manger une soupe de nouilles et je pars rôder dans le quartier du marché. Les gens sont avenants, bavards, curieux. Un rien les intrigue et le fait de pouvoir parler avec moi les amuse. Ils devinent par eux-mêmes que je suis marié avec une Thaïlandaise, mais ce qui les étonne, c'est que je voyage seul. Ici, à part les ascètes ou les mendiants abandonnés de tous, personne n'est seul.

 

     

 

Le soir, je vais au « Big C », ( cette chaîne de supermarchés a repris les « Carrefour » ). J'ai marché pendant deux kilomètres, encore une chose qui étonne les gens, car eux, ils ne marchent jamais : ils utilisent les motos taxis. Le magasin ferme à huit heures, j'ai juste le temps d'acheter trois babioles. Il faut que je me dépêche de trouver un restaurant, car les établissements fermeront les uns après les autres dans quelques instants. Quand je reviens à l'hôtel à neuf heures, le rideau métallique est baissé. Heureusement que j'avais repéré une autre entrée dans la ruelle de derrière !

 

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Dimanche 23 novembre 2014.

Phibun - Chong Mek.( 45 km )

Le ciel légèrement couvert et le soleil voilé rendent le voyage plus agréable. 25 degrés, pas de vent, c'est parfait ! Sur la large route à quatre voies, je suis pratiquement seul. Je pensais m'arrêter à Sirinthon, au bord du lac. Il n'y a rien, à part un hôtel qui a pourtant l'air bien et pas cher. Je décide de continuer et de faire les vingt kilomètres me séparant de la frontière. Je roule maintenant sur une autoroute toujours aussi peu fréquentée, mais il est neuf heures et le soleil a fait son apparition. De plus, la route ne cesse de monter et de descendre en longues lignes droites semblables parfois à des toboggans. J'ai chaud, très chaud, l'air est à plus de trente degrés, et c'est surtout le soleil qui est devenu cruel. Sous les tropiques, il monte très vite à la verticale. J'arrive à Chong Mek comme un canard laqué : rouge et luisant !

 

    

 

Ce village artificiel aux boutiques alignées le long de la rue menant à la frontière ne m'est pas sympathique. Je visite un petit hôtel sordide : lit aux draps crasseux, télé noire de poussière, pas de fenêtre, des trous au plafond, des nuées de moustiques dans la salle de bains et un gros cafard mort dans la cuvette des WC... 250 bahts ! Je m'échappe presque et trouve une chambre claire et propre juste à côté pour 200 bahts.

Le soir, j'ai du mal à trouver un restaurant : la frontière est fermée et le village est désert.

 

 Les paniers arrivent directement, à pied, du Laos.

 

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