Dernière modification: 02/07/2013

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Nos morts de Huiguères Souye, Morlaàs & Monassut.

Au début de juillet 1944, le CORPS FRANC POMMIES est dans un dispositif qui lui permettrait, sur ordre du général KOENIG, commandant en chef des F.F.l. de gagner très rapidement les Pyrénées entre les sources de la Garonne et Arnéguy. Sous le nom de « Groupe Béarn », il devrait alors contrôler un territoire où serait implanté, éventuellement, un gouvernement français de libération nationale.

Entre autres, cinq Brigades de combat le composent. Chacune d'elles comprend des maquis mobilisateurs groupés en Bataillons de guérilla et en Sections de destruction susceptibles d'accroître leurs effectifs par le rappel de personnels qui, après le 23 juin, ont regagné leurs foyers.

L'une de ces Brigades a une zone d'opération limitée par Saint-Jean-Pied-de-Port, Orthez, Hagetmau, Sault-de-Navailles, Castelnau-Rivière-Basse, Maubourguet, Tarbes, Bagnères, et la frontière franco-espagnole. Elle est commandée par le Capitaine BENONY.

Le 9 juillet dans la soirée, celui-ci fait installer, à la ferme CASSAGNEAU, près du village de Higuères, son poste de commandement et sa section de destruction ; soit en tout, 42 maquisards, 2 camionnettes, des bicyclettes et des explosifs. Puis, il se rend auprès du chef POMMIES, laissant le commandement à son adjoint, le Capitaine NAUD.

Le 10, vers 3 h 45, une sentinelle signale qu'on entend, dans le lointain, des bruits de moteurs. Rassemblement, prêt à toute éventualité. À 4 h 15, l'Adjudant DEJOIE et le chasseur BORDIS sont envoyés en reconnaissance vers l'est, le sergent JIJOMIR et deux chasseurs vers l'ouest. Les minutes passent... personne ne revient... Soudain, une fusillade éclate : l'une de nos patrouilles est accrochée. Sans plus attendre, le Capitaine NAUD décide de se replier sur Abère, en abandonnant le matériel roulant et les explosifs. À peine s'est-il éloigné avec ses hommes que les Allemands attaquent la ferme à la grenade et y mettent le feu : ils étaient bien renseignés  !

En arrivant à la route de Souye, le détachement s'aperçoit qu'elle est jalonnée d'éléments ennemis appuyés par deux automitrailleuses. Le combat s'engage. Vingt-quatre maquisards réussissent à forcer le barrage ; cinq sont tués ou, grièvement blessés, achevés ; et douze sont capturés après avoir épuisé leurs munitions.

Ceux-ci, emmenés au carrefour Saint-Jammes, montent à bord de camions qui se dirigent vers PAU. Dans les lacets de Morlaàs, l'un d'eux, ALBERT, s'échappe ; il est rattrapé aussitôt. Furieux, l'officier qui commande le convoi donne l'ordre de fusiller dix des douze prisonniers dans une carrière située en contrebas de la route. Des deux rescapés, l'un, Lucien PRIOUX, sera relâché cinq jours plus tard parce qu'il réussira à faire croire qu'il n'était pas maquisard. L'autre, un jeune de nom inconnu, condamné à la déportation, s'évadera du train à Séméac.

Les cinq morts en combat s'appelaient Georges BRUMOU, André COUTURIER, André DORDET, Robert PEYRADE et Henri ZIEGLER. À Souye, une stèle rappelle leur mémoire.

Les dix prisonniers fusillés étaient ALBERT, Henri BADIE, Maurice BARBE René CASSAGNET, Henri ESCALLE,  Paul  ESTREGUIL,  Maurice GILBERT, Ramon GIRAL, Raymond ROUMIGNIERES et Marcel VINCENT. Leur souvenir est perpétué par deux monuments : l'un se trouve au bord de la route de Morlaàs à PAU, l'autre a été élevé sur les lieux de l'exécution. Trois jours plus tard, le 13 juillet dans la matinée, un détachement formé par les sections BOUTIN et VILTARD de la Compagnie DU PONT, fait mouvement de Lalongue vers Espéchède, où doit être reçu, la nuit suivante, un parachutage. Il est commandé par l'Adjudant René SARRAZIN. Son itinéraire passe par Lussagnet, Monassut, Gerderest, Abère et Sedzère.

En tête est placé un groupe d'une vingtaine de cyclistes. Derrière suit un convoi de 3 V.L. et de 3 camionnettes transportant une quarantaine de maquisards.

Vers 9 h 45, le groupe cycliste parcourt sans encombre les trois cents mètres de la R.N. 643 qui séparent la route de Gerderest de celle de Monassut, et poursuit en direction d'Espéchède. Mais la colonne de véhicules s'arrête entre l'église et le cimetière de Monassut : une camionnette est en panne.

Une demi-heure plus tard, on repart. Au moment de déboucher sur la R.N. 643, SARRAZIN aperçoit une file de camions venant de la direction de Lembeye. On apprendra plus tard qu'il y en avait 57 transportant des Allemands et 2 des Miliciens.

Le chef de détachement estime que ses voitures à gazogène provenant de la réquisition ne lui permettent pas de tenter une fuite en avant. Par ailleurs, il est trop tard pour faire demi-tour. Une seule solution apparaît faire face, puis décrocher à la faveur d'un arrêt imposé à l'ennemi par le feu. Deux mitrailleuses sont mises en batterie, et les grenadiers-voltigeurs, armés de mitraillettes, de quelques fusils et de grenades, s'abritent derrière un talus.

Trois assauts sont repoussés. Mais deux automitrailleuses interviennent. SARRAZIN donne alors l’ordre de repli. Courageux, le servant d'une mitrailleuse, Guy LAGRAVE, refuse d'obéir; on l'entraîne de force.

À l'issue de l'engagement, douze maquisards restent sur le terrain : Roger ABADIE, Jean BOUTIN, Pierre CAZAUBON, Jean-Marie CLOS-PUCHEU, CRISTOL, Gaston DECHAUD, Pierre GAILLOT, Marcel LAMARQUE, Gérard LANGELEZ, Jean-Louis LEBLEU, Émile LE MOLGAT, et Paul SALLES-AUBERT. Dix sont morts, dont huit au cours du décrochage ; deux ne sont que blessés, mais ils seront achevés par les Allemands.

Un monument portant leurs noms est adossé au mur du cimetière de Monassut, au bord de la route.

 

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